• Home   /  
  • Archive by category "1"

Introduction Dissertation Sur Largumentation Indirecter

L'argumentation au lycée

Dans la continuité du collège, on vous parle beaucoup d'ARGUMENTATION au lycée.

En classe de seconde, l'objet d'étude porte sur : « Genres et formes de l'argumentation au XVIIe et XVIIIe siècle ».

En classe de première, l'objet d'étude porte sur « La question de l'Homme dans les genres de l'argumentation du XVIe siècle à nos jours ».

Que faut-il retenir exactement ? Quel vocabulaire est à connaître ? Quelles notions sont à apprendre pour le bac ?

Cette fiche va vous aider à mieux travailler.

Quelles sont les attentes des examinateurs pour le bac ?

On attend de vous des connaissances et des compétences en matière d'argumentation.

Vous devez ainsi être capable de définir avec exactitude 3 verbes : ARGUMENTER, CONVAINCRE, PERSUADER. A l'oral du bac de français, l'examinateur peut vous demander par exemple de donner une définition précise de chacun de ces verbes et de fournir un exemple pour mieux vous faire comprendre.

Par ailleurs, vous devez savoir distinguer l'ARGUMENTATION DIRECTE de l'ARGUMENTATION INDIRECTE : non seulement définir ces notions mais être en mesure de dire si un document (texte ou image) relève de l'argumentation directe ou indirecte en justifiant avec précision votre réponse.

Vous devez aussi être sensible à la STRATÉGIE ARGUMENTATIVE de l'auteur : c'est-à-dire comprendre quels procédés stylistiques et argumentatifs il a utilisés pour défendre sa thèse.

Vous devez par conséquent être en mesure de dire quels sont les avantages, en matière d'EFFICACITÉ, de l'argumentation directe par rapport à l'argumentation indirecte et vice versa. Cette notion d'efficacité de telle ou telle argumentation constitue justement une matière à réflexion pour les sujets de dissertation.

Enfin, vous devez connaître les GENRES LITTÉRAIRES de L'ARGUMENTATION et être capable de parler de quelques oeuvres argumentatives vues en classe.

Bien entendu, si vous possédez des connaissances complémentaires, notamment sur la naissance de la rhétorique pendant l'Antiquité ou la distinction entre un « argument d'autorité » et un « argument ad hominem », c'est encore mieux ! Mais ce n'est pas indispensable ! Dans cette fiche, nous ne présentons que le minimum à connaître. Si vous avez le temps, n'hésitez pas à continuer d'explorer ces notions et à feuilleter votre manuel scolaire...

Convaincre et persuader, est-ce la même chose ?

Dans le langage courant, les gens utilisent les verbes « convaincre » et « persuader » comme deux synonymes. Cela signifie pour eux « faire en sorte que l'autre soit d'accord avec mon opinion ». En cours de français, on distingue cependant ces deux verbes et il ne faut surtout pas les confondre !

CONVAINCRE, c'est argumenter en avançant des arguments logiques.

PERSUADER, c'est argumenter en avançant des arguments affectifs.

Ainsi, quand on cherche à convaincre un interlocuteur, on fait appel à sa capacité de raisonnement en essayant de lui prouver qu'on a raison, d'une manière scientifique et indiscutable. On veut le CONVAINCRE.

Toutefois, on peut aussi avoir recours à des moyens qui vont l'attendrir, l'émouvoir, le surprendre, le faire rire, le révolter, etc, en un mot on peut enrober le discours d'autres effets qui n'ont rien de scientifique mais qui touchent cet interlocuteur. Ceci sert à le PERSUADER.

Par exemple, une publicité va souvent chercher à la fois à convaincre et à persuader ses futurs clients. La liste des avantages techniques de tel nouveau téléphone portable va vous CONVAINCRE. En revanche, la disposition des visuels sur la page de publicité et le joli paysage de rêve en arrière-plan (île paradisiaque par exemple) servent à vous PERSUADER que c'est ce téléphone-là qu'il vous faut !

Quels sont les autres mots à connaître pour l'argumentation ?

Le vocabulaire argumentatif est vaste mais, en plus des définitions de « convaincre » et « persuader » données ci-dessus, vous devez savoir définir sans erreur les mots suivants :

ARGUMENTER

C'est défendre un avis en exposant ses raisons, afin d'emporter l'adhésion de son interlocuteur.

Le sujet est appelé « le thème ». L'avis est nommé « thèse ». Les raisons qu'on avance sont des « arguments ». Les illustrations qu'on apporte pour rendre les arguments plus concrets sont des « exemples ».

DÉLIBÉRER

C'est peser le pour et le contre en vue d'une décision à prendre. La délibération s'appuie sur la réflexion après argumentation.

UN ÉLOGE

C'est un texte argumentatif qui vante les mériteset avantages d'une situation, d'un objet ou d'une personne.

UN BLÂME

C'est un texte argumentatif qui dénigre une situation, un objet ou une personne, insistant sur ses défauts.

Comment distinguer argumentation directe et argumentation indirecte ?

En cours de français, on vous demandera souvent si tel ou tel texte relève de l'argumentation directe ou indirecte et de justifier votre réponse.

Pour faire ce genre de travail, il faut donc distinguer ces deux notions et connaître leurs différentes caractéristiques.

Ne vous contentez surtout pas de dire « là, c'est de l'argumentation directe car l'auteur dit directement son avis » ou bien « là, c'est de l'argumentation indirecte car l'auteur dit les choses de façon indirecte ». Ce genre de phrases ne fonctionne pas ! Ce n'est pas cela qu'on attend de vous ; il faut être beaucoup plus précis.

Voyons ce qu'il en est.

FICTION OU RÉALITÉ ?

Selon si l'auteur prend clairement position en tant que personne réelle ou bien a recours à des personnages fictifs pour exprimer sa pensée, on dira qu'il utilise l'argumentation directe ou bien l'argumentation indirecte. La distinction entre ces deux types d'argumentation se fait donc sur la notion de réalité ou de fiction, ce qui implique bien entendu une pensée plus ou moins clairement exprimée, plus ou moins facile à comprendre pour l'interlocuteur et surtout une prise de responsabilité différente de la part de l'auteur.

DÉFINITIONS ET EXEMPLES

Argumentation directe

Un texte relevant de l'argumentation directe est un texte dans lequel l'auteur, dans un cadre réel, exprime clairement son opinion et assume les éventuelles conséquences de sa prise de position.

Ex : La lettre ouverte « J'accuse » de Zola publiée dans le journal L'Aurore en 1898.

Ce texte « J'accuse » relève de l'argumentation directe pour quatre raisons : le cadre réel d'écriture de ce texte + l'engagement personnel de l'auteur qui dit « je » + une pensée clairement exprimée + la responsabilité qu'il endosse en l'exprimant.

En effet, ce texte est publié dans le cadre de l'affaire Dreyfus qui a réellement eu lieu en France à la fin du XIXe siècle + l'auteur dit « je » et signe de son nom véritable sa lettre + il dit clairement sa pensée à savoir qu'il estime que Dreyfus est victime d'une injustice + il sait qu'il s'expose à des poursuites judiciaires en publiant cette lettre.

Argumentation indirecte

Au contraire, un texte relevant de l'argumentation indirecte est un texte dans lequel l'auteur, dans un cadre fictif, exprime son opinion ou la laisse deviner, à travers une histoire et des personnages qu'il met en scène.

Ex : La cigale et la fourmi dans les Fables de La Fontaine publiées en 1668.

Ce texte relève de l'argumentation indirecte pour une raison suffisante : il développe un cadre fictif.

En effet, dans ce texte il s'agit d'animaux qui parlent ; l'auteur a donc recours à la fiction.

Argumentation directe et argumentation indirecte peuvent-elles se trouver dans un même texte ?

Argumentation indirecte et argumentation directe peuvent se côtoyer dans un même texte ; certains passages relevant de l'argumentation indirecte, d'autres de l'argumentation directe. Pourtant le texte, envisagé dans sa globalité, appartient forcément soit à l'argumentation directe soit à l'argumentation indirecte (et non les deux). Il suffit pour cela de se placer à l'extérieur de l'oeuvre pour la considérer dans son entier.

Ex : Le renard et la cigogne dans les Fables de La Fontaine publiées en 1668.

Ce texte relève de l'argumentation indirecte pour une raison suffisante : il développe un cadre fictif avec des animaux qui parlent. Cependant la fable présente une morale explicite, prise en charge par l'auteur : « Trompeurs, c'est pour vous que j'écris : Attendez-vous à la pareille. ». Ces deux vers placés à la fin du texte exprime clairement la pensée de La Fontaine qui assume la responsabilité de ses propos en disant « je ». Dans ce texte, argumentation indirecte et argumentation directe se côtoient donc. Toutefois s'il faut identifier l'ensemble du texte, c'est une fable donc elle relève de l'argumentation indirecte.

Autre ex : Le loup et le chien dans les Fables de La Fontaine publiées en 1668.

En interne, à l'intérieur de la fable, le personnage du chien développe sa pensée, l'exprime clairement et dit « je », faisant l'éloge des avantages de la domesticité dans un contexte qui est sa réalité, à son niveau. Son discours relève donc de l'argumentation directe. Néanmoins, si on se place à l'extérieur du texte, il n'y a pas de doute : la fable Le Loup et le chien relève bien de l'argumentation indirecte puisque La Fontaine a recours à la fiction et met en scène des animaux qui parlent.

Qu'est-ce qu'un « genre argumentatif » ?

Tout texte littéraire peut permettre à un auteur d'exposer ses opinions et de les défendre.

Ainsi tous les genres littéraires sont susceptibles de contenir une part argumentative.

Par exemple, le roman L'étranger de Camus (XXe) critique le système judiciaire et dénonce la peine de mort ; la pièce de théâtre L'île des esclaves de Marivaux (XVIIIe) interroge les inégalités sociales de son époque et le poème Liberté de Paul Eluard (XXe) est un poème engagé qui invite à la résistance pendant l'occupation allemande de la seconde guerre mondiale.

Pour autant, le roman, le théâtre et la poésie ne sont pas considérées comme de purs« genres argumentatifs » car l'argumentation n'est pas leur objectif principal ; celle-ci passe en second plan derrière la narration, l'aspect comique, l'aspect esthétique, etc.

En revanche, il existe des genres littéraires dont la qualité première est de permettre une argumentation. Ces genres sont appelés « genres argumentatifs ».

Ils correspondent à des textes destinés à véhiculer des idées. Ces genres argumentatifs peuvent prendre plusieurs formes : article philosophique, fable, discours, conte, essai, portrait satirique, maxime, oraison funèbre...

Certains relèvent de l'argumentation directe, d'autres de l'argumentation indirecte.

Un extrait de théâtre, par exemple, ne peut donc pas être considéré comme un « genre argumentatif » ?

Attention ! Ce n'est pas aussi simple... Vous devez réagir selon la situation et vous y adaptez.

Si vous êtes face à un corpus et qu'il y a un extrait de théâtre parmi des genres argumentatifs (par exemple mis dans ce corpus aux côtés d'une fable et d'un article philosophique), n'hésitez pas à le considérer lui aussi comme relevant d'un genre argumentatif !

Dans ce cas, cela peut signifier que, pour cette étude, la pièce de théâtre en question présente une argumentation assez forte pour être considérée comme un genre argumentatif. Et l'extrait donné est assez représentatif du message contenu dans la pièce entière, permettant de bien cerner la thèse du dramaturge.

Autre possibilité : cela veut dire que l'extrait relève d'une argumentation qui a lieu non pas au niveau de la pièce et du dramaturge mais au niveau des personnages. L'un d'eux se lance par exemple dans une longue tirade pour argumenter, sous forme d'un discours. Dans ce cas-là, il faut donc se placer dans la réalité fictive mise en place dans la pièce, comme si le personnage était réel. N'oubliez pas : au théâtre il y a une double énonciation, à savoir un énonciateur-personnage mais aussi un énonciateur-dramaturge qui se cache derrière lui !

N'y a-t-il que des genres argumentatifs littéraires ?

Bien sûr que non ! Et n'oubliez pas d'ailleurs que dans le corpus du bac, vous pouvez avoir des images parmi les documents donnés ! Ainsi la caricature de presse, la publicité ou encore certains tableaux (comme Guernica de Picasso) sont des genres argumentatifs relevant de l'argumentation indirecte qu'on trouve fréquemment dans les corpus.

En dissertation, selon les cas, vous serez autorisé ou non à vous servir de genres argumentatifs non littéraires pour étoffer vos références. Lisez bien le sujet et les consignes.

Quels sont les genres argumentatifs de l'argumentation DIRECTE ?

De manière large, tous les genres littéraires relevant de l'argumentation directe peuvent être appelés « essai » ou « discours ».

L'ESSAI = un texte montrant la réflexion de l'auteur ainsi que son opinion dans le cadre d'une argumentation directe. Le mot vient du latin « exagium » qui signifie pesée. L'essai est une œuvre en prose qui restitue la pensée en mouvement d'un individu. Elle présente donc des hésitations, des anecdotes et donne souvent l'apparence d'une certaine spontanéité. C'est un ouvrage de réflexion qui ne prétend pas à l'exhaustivité et qui semble se contenter d'un destinataire unique.

L'essai peut prendre diverses formes : l'essai au sens strict, le traité, la maxime, le pamphlet...

L'essai est la forme littéraire choisie par Montaigne pour laisser vagabonder son esprit et réfléchir à des thèmes très divers. C'est une forme libre, difficilement définissable.

Ex : Essais de Montaigne (XVIe)

Le traité est un essai dont le champ de réflexion se concentre sur un sujet précis.

Ex : Traité sur la tolérance de Voltaire (XVIIIe)

Le pamphlet est une œuvre courte qui traite d'un sujet d'actualité, généralement politique, et l'aborde de façon extrême, avec haine et violence, pour faire scandale et libérer la pensée révoltée de l'auteur.

Ex : Napoléon le Petit de Victor Hugo (XIXe)

L'article philosophique est un essai court qui vise à définir une notion mais la présente de manière très subjective, dans une démarche argumentative.

Ex : article Paix de Damilaville dans L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert (XVIIIe) ; article Torture dans le Dictionnaire philosophique de Voltaire (XVIIIe)

La maxime et la sentence sont des textes très courts qui visent à saisir de façon condensée une pensée. Par leur brièveté, ils ne peuvent être exhaustifs ni construire un développement rhétorique.

Ex : Maximes de La Rochefoucauld (XVIIe)

Autre forme de genre relevant de l'argumentation directe : le discours.

LE DISCOURS = un texte écrit, destiné à être lu à voix haute ou publié et qui s'adresse à un large public afin d'emporter son adhésion. Le discours ne semble donc pas vouloir se contenter d'un destinataire unique mais au contraire cherche à convaincre et persuader le plus grand nombre. Contrairement à l'essai, il utilise forcément les techniques de la rhétorique, c'est-à-dire de l'art oratoire, en déroulant avec rigueur une pensée très structurée.

Le discours peut prendre diverses formes : le discours au sens strict, le sermon, la lettre ouverte...

Le discours est un texte rédigé avec soin et destiné à être lu devant une assemblée ou un large public.

Ex : Discours de réception du prix Nobel de Camus (XXe) ; Appel de l'abbé Pierre en hiver 1954 (XXe)

Le sermon est un discours religieux qui sert de discours de prédication, pour répandre la parole divine.

Ex : Oraison funèbre d'Henriette d'Angleterre de Bossuet (XVIIe) est un éloge + un sermon.

Le dialogue philosophique est un discours à deux voix permettant au lecteur d'assister à la confrontation de deux points de vue différents afin de se forger sa propre opinion.

Ex : Gorgias de Platon (antiquité : IVe siècle avant JC)

La lettre ouverte est une lettre destinée à une personne précise mais rendue volontairement publique par son auteur pour toucher le plus grand nombre.

Ex : Lettre ouverte « J'accuse » d'Emile Zola à l'occasion de l'affaire Dreyfus en 1898 : cette lettre est destinée à Monsieur Félix Faure, président de la République, mais publiée volontairement dans le journal L'Aurore.

Le manifeste est une œuvre théorique qui cherche à servir de référence à un groupe pour définir une nouvelle pensée.

Ex : Manifeste du surréalisme d'André Breton (XXe)

Quels sont les genres argumentatifs de l'argumentation INDIRECTE ?

De manière large, tous les genres littéraires relevant de l'argumentation indirecte peuvent être appelés « apologues ».

L'APOLOGUE = un court récit fictif, plaisant et porteur d'une valeur morale. Le mot vient du grec et désigne un récit court et allégorique, c'est-à-dire qui a un sens caché. Dans les apologues, les personnages sont stéréotypés, le cadre spatio-temporel est approximatif : l'histoire et donc la morale sont ainsi plus facilement réinvesties par le lecteur et peuvent traverser les siècles. Souvent les apologues présentent un aspect comique, dû notamment à l'exagération des caractères des personnages ou des situations.

On peut distinguer des nuances entre les différentes formes que peuvent prendre les apologues:

La fable est un apologue en vers. Elle existe dès l'antiquité et est très appréciée au XVIIe siècle.

Ex : Fables d'Esope (Antiquité) ; Fables de La Fontaine (XVIIe) ; Fables de Jean Anouilh (XXe).

Le conte de fées est un apologue qui relève du merveilleux. Sérieux et éducatif, il est très en vogue au XVIIe siècle.

Ex : Le petit chaperon rouge dans Les Contes de ma mère l'Oye de Charles Perrault (XVIIe).

Le conte philosophique est un apologue qui invite à la réflexion philosophique tout en présentant souvent un caractère comique, notamment à travers l'ironie. Ce genre est très prisé au XVIIIe siècle.

Ex : Candide de Voltaire (XVIIIe) ; Micromégas de Voltaire (XVIIIe).

Le roman fable est un conte philosophique d'une certaine longueur et appelé « roman » par son auteur. Il présente des personnages caricaturés, souvent des animaux, insistant ainsi sur le côté plaisant et léger de son propos.

Ex : La ferme des animaux de G. Orwell (XXe) ; Lorsque j'étais un œuvre d'art de Schmitt (XXe)

Le roman philosophique est proche du roman fable mais se donne davantage des apparences de réel et de sérieux. La réflexion y est souvent également plus approfondie.

Ex : Lettres persanes de Montesquieu (XVIIIe)

La parabole est un apologue porteur d'une morale religieuse. C'est un récit allégorique et imagé.

Ex : Parabole de la brebis égarée (Bible) ; Parabole de l'enfant prodigue (Bible).

L'utopie est un apologue présentant une société fictive idéale.

Ex d'utopies : L'Utopie de Thomas More (XVIe) ; l'Eldorado dans Candide de Voltaire (XVIIIe) ; l'abbaye de Thélème dans Gargantua de Rabelais (XVIe)

Une contre-utopie ou dystopie est le contraire d'une utopie. C'est un apologue présentant une société fictive cauchemar, celle que redoute l'auteur dans un futur plus ou moins proche.

Ex de contre-utopies : 1984 de George Orwell (XXe) ; Le meilleur des mondes d'Huxley (XXe)

Le portrait satirique se rapproche de l'apologue en ce qu'il brosse un portrait universel de caractère, destiné à être réinvesti par le lecteur.

Ex : Les Caractères de Théophraste (Antiquité) ; Les Caractères de La Bruyère (XVIIe)

Quels sont les OUTILS STYLISTIQUES de l'argumentation ?

Cela revient à savoir identifier les stratégies argumentatives des auteurs, en plus du choix qu'ils effectuent au niveau de l'argumentation directe / indirecte.

En plus des procédés stylistiques habituels (comparaison, métaphore, anaphore, allitérations, parallélisme de construction...), les auteurs disposent en effet d'une variété d'outils pour donner du relief à leur argumentation, qu'elle soit directe ou indirecte.

Dans les apologues, on trouve souvent des procédés comiques mais aussi, dans les apologues et les discours, le registre satirique pour se moquer d'une réalité sociale avec de l'ironie et des hyperboles.

Dans les récits argumentatifs on rencontre également tous les procédés liés à la narration pour dynamiser le propos, créer un effet de surprise et de chute, etc.

D'une manière générale, les auteurs utilisent une palette de tonalités : la tonalité pathétique pour émouvoir et attendrir l'interlocuteur, la visée moralisante et éducative appelée visée didactique, l'éloge et le blâme ou registre épidictique, le registre polémique qui cherche à interpeller violemment l'auditoire, etc.

L'art de la rhétorique

Pour rédiger leurs discours, les orateurs pensent au contenu de leur texte, aux arguments logiques et affectifs qu'ils peuvent mettre en avant (ceci se nomme en latin l' « inventio »).

Puis ils réfléchissent à la structure de leur texte (c'est la « dispositio »). Celle-ci se fait normalement en quatre parties (d'abord l'exorde qui capte l'attention du public ; puis la narration qui expose les faits ; ensuite la confirmation qui développe l'argumentation ; enfin la péroraison qui récapitule les arguments et conclut le discours).

En parallèle à « l'inventio » et la « dispositio », les orateurs soignent la rédaction ou « elocutio » c'est-à-dire les figures de style et les mots qui sauront créer de l'effet auprès du public.

Ils imaginent aussi les gestes qu'ils feront pendant le discours ; c'est l' « actio ».

Enfin ils passent à la « memoria » à savoir l'apprentissage de leur discours, pour le réciter et donner une impression de naturel voire d'improvisation devant l'auditoire.

L'ensemble de ces techniques remonte à l'Antiquité grecque au Ve s avant JC et s'appelle la rhétorique ou « art oratoire » ou bien encore « art du discours ».

N'hésitez pas à relire cette fiche plusieurs fois et à vous entraîner !

La question de l’homme dans les genres de l’argumentation

I)                  Qu’est-ce que la « question de l’homme » ?

1-      Qu’est-ce qu’un homme ?

Qu’est-ce qui distingue l’homme de l’animal ? L’homme est-il avant tout un corps, un esprit ou une âme ? Quelle est la place de l’homme dans la nature ?

2-      Un homme ou des hommes ?

Moi et l’autre : existe-t’il une nature humaine ? Différence des individus ? Comment définir l’humain ? Comment l’homme peut-il se reconnaitre dans les œuvres d’un autre temps, d’un autre pays ? Existe-t-il des valeurs universelles ? Comment l’homme trouve-t-il sa place dans la société ?

Oppression, racisme et pouvoir : peut-on établir une hiérarchie entre les humains ? Certains ont-ils des droits sur d’autres humains ? Quelle est la légitimité du pouvoir ?

3-      Qu’est-ce que la condition humaine ?

L’homme peut-il être heureux ? Qu’est-ce qu’être libre ? L’homme est-il soumis à une force supérieure ou est-il maître de son destin ? Diu existe-t-il ou est-il une création humaine ? Quelles valeurs doivent guider la vie des hommes ?

4-      En résumé …

S’interroger sur l’homme, c’est prendre en compte ses divers aspects en tant qu’individu mais aussi en tant que membre d’un groupe social. C’est également aborder les questions d’ordre social, politique, scientifique, éthique et religieux. Chaque époque apporte à ces questionnements fondamentaux des réponses qui définissent une vision de l’homme et privilégie certains genres littéraires et certaines stratégies argumentatives.

II)               Argumenter, convaincre et persuader

1-      Les stratégies argumentatives

Argumenter, c’est soutenir ou contester une opinion, une idée dans le but d’obtenir l’adhésion de celui à qui l’on s’adresse. Convaincre, c’est faire appel à la raison et à la logique grâce à un raisonnement construit. Persuader, c’est faire appel à la sensibilité et aux émotions grâce à des procédés stylistiques et oratoires. Délibérer c’est débattre avec soi ou quelqu’un afin de prendre une décision.

2-      Les éléments de l’argumentation

L’argumentation suit une progression et comporte des éléments obligés : le thème (de quoi parle le texte ?), la problématique (questions portant sur ce sujet), la thèse (l’opinion, la proposition soutenue)

3-      Le paragraphe argumentatif

Il énonce en général la thèse et comporte des arguments et des exemples. Les arguments servent de preuves pour soutenir, démontrer ou contredire la thèse avancée. Ces illustrations concrètes et précises renforcent les arguments. Un exemple peut être illustratif ou argumentatif. On peut emprunter des exemples à la réalité, la littérature, aux arts ou à sa propre expérience personnelle.

4-      Les raisonnements pour convaincre

Le raisonnement inductif part d’un exemple pour déboucher sur une thèse générale.

Le raisonnement déductif part d’une idée générale pour déboucher sur des propositions particulières.

Le raisonnement par concession se construit en deux temps : l’auteur admet des arguments qui s’opposent à sa thèse pour nuancer ou maintenir son propre point de vue voire mieux défendre ses arguments.

Le raisonnement dialectique pèse le pour et le contre, fournit des arguments favorables puis défavorables à une thèse pour dépasser et résoudre cette contradiction.

Le raisonnement par analogie tire des conclusions similaires de deux réalités proches que l’on a comparées. Il se fonde sur la comparaison.

Le raisonnement par l’absurde prouve la validité d’une thèse en montrant que la thèse adverse aboutit à des conclusions absurdes.

III)            Les procédés de la persuasion

1-      Affirmer une présence et créer des liens affectifs

Pour toucher le lecteur, le locuteur doit créer des liens avec lui et donc manifester sa propre présence (1er personne, marques de subjectivité).

Il faut que le destinataire se sente directement concerné (2e personne). On peut également recourir aux procédés de la sollicitation (apostrophe, question rhétorique)

On peut réaliser la complicité entre le locuteur et le destinataire en associant ce dernier à l’énonciation (1er personne du pluriel, « on »)

2-      Insister, faire naître des émotions et surprendre

La répétition d’un ou plusieurs mots provoque un effet de martèlement. La répétition peut aussi se jouer au niveau syntaxique. Le parallélisme reproduit la même construction dans une succession de phrases. L’amplification donne de la force par l’énumération et l’accumulation par la gradation ou l’hyperbole. Certains éléments peuvent être mis en relief par des présentatifs.

La dramatisation paralyse l’esprit critique et la raison du destinataire.

L’antithèse oppose fortement deux termes qui se mettent en scène. L’oxymore juxtapose deux termes contradictoires et crée le paradoxe. L’ironie déstabilise le destinataire et force sa réflexion.

IV)             Les genres de l’argumentation directe

1-      Les genres de l’argumentation directe

L’essai : est un texte de réflexion personnelle où l’auteur argumente de façon subjective. Sa forme est très libre, son ton très personnel. La présence de la 1ère personne est très sensible. L’auteur y fait souvent référence aux thèses adverses. Ses formes sont multiples (méditation, article, traité, pamphlet,…) Il recourt à des registres multiples (didactique, polémique, humoristique, ironique,…)

Les lettres et la lettre ouverte : La lettre ouverte s’adresse à plusieurs destinataires, elle est donc du domaine public. Elle instaure le débat et se prête aux prises de positions polémiques (« J’accuse » de Zola). Elle peut être très longue (autant qu’un livre).

2-      Le dialogue, un genre hybride

Le dialogue argumentatif est la transcription littéraire au style direct d’une conversation. Il peut apparaitre dans plusieurs genres littéraires, il appartient plutôt à l’argumentation indirecte.

C’est un aussi un genre de l’argumentation directe : un débat d’idées destiné à être lu, l’un des interlocuteurs étant souvent l’auteur, sa forme permet la multiplication des points de vue. Le dialogue didactique met en présence un personnage qui a le savoir qu’il transmet à un interlocuteur. Dans le dialogue polémique, les deux interlocuteurs sont sur un pied d’égalité et se contredisent. Dans le dialogue dialectique, les interlocuteurs cherchent à résoudre une difficulté commune et progressent dans la réflexion par un jeu de questions-réponses.

Il faut savoir définir l’identité et la personnalité des interlocuteurs, exposer clairement la ou les thèse(s) en présence en en donnant la valeur argumentative et trouver le fil conducteur qui dirige le dialogue.

V)                Les genres de l’argumentation indirecte

1-      Présentation

Le rôle de l’implicite y est important. Le genre privilégié de l’argumentation indirecte est l’apologue (récit allégorique qui comporte une histoire et dont le lecteur peut tirer une leçon morale). L’apologue se lit donc à deux niveaux : il a un sens littéral et un sens symbolique. La thèse peut être explicite ou implicite.

2-      La fable

Court récit en vers, elle comporte des personnages souvent simplifiés, symboliques, du merveilleux ou du surnaturel et une morale ou leçon. Elle emprunte à plusieurs registres (comique, parodique, satirique) et vise à la critique.

Jean de la Fontaine (XVIIe siècle) en a fait un genre littéraire à part entière. Il observe et critique son époque à travers elles. Des écrivains comme Anouilh ou Queneau (XXe siècle) ont souvent pratiqué la réécriture à partir des fables de La Fontaine.

3-      Le conte philosophique

Court récit en prose, le conte philosophique est un mélange entre le conte et des réflexions philosophiques. Voltaire en est le maître.

Il comprend un récit fictif plaisant avec un héros et des personnages schématisés et une leçon morale ou philosophique. Il fait appel à l’imagination et à la raison. Il joue souvent sur l’ironie, les registres humoristiques et didactiques ou critiques.

Il peut parfois prendre la forme de l’utopie qui est un récit qui présente les mœurs et l’organisation sociale et politique d’un monde imaginaire idéal et irréalisable pour mettre en avant les travers de notre société, il a donc une portée critique implicite.

4-      Les atouts de l’argumentation indirecte

Elle fait appel au gout pour les histoires et les émotions. Elle touche un public large et permet l’évasion dans d’autres mondes. Sa palette de registres est large. Elle implique de la part du lecteur une démarche inductive (de l’exemple à la généralité) et un effort d’interprétation.

VI)             L’éloquence dans l’Antiquité

1-      Les origines de l’éloquence

Les civilisations antiques reposaient exclusivement sur la communication orale dans la vie politique militaire ou juridique. L’éloquence apparait comme genre littéraire à Athènes aux Ve et Ive siècles avant JC. L’éloquence judiciaire se nourrit de la passion des citoyens pour les procès. Les prises de parole ont lieu sur l’agora athénienne ou le forum romain. Pour se faire entendre, l’orateur dispose de la force de la voix et du geste, de la qualité de son style, de la pertinence de ses arguments ainsi que de la clarté et la vivacité de son argumentation.

2-      A l’école de rhéteurs

Le professeur d’éloquence s’appelle le rhéteur, dans l’Antiquité. L’exercice essentiel est  la controverse utilisée pour discipliner l’esprit et l’habituer à argumenter.

Le rhéteur est parfois appelé sophiste (nuance péjorative). Le sophiste se prétend capable de soutenir avec succès deux thèses contraires sans se soucier de préoccupations morales ni du respect de la vérité quitte à recourir à des arguments spécieux (des sophismes).

            Tous les hommes sont mortels

            Platon est un homme

            Donc Platon est mortel.

3-      Les cinq étapes d’un discours

Aristote distingue cinq étapes dans la composition d’un discours :

L’inventio est la recherche des arguments, des exemples ou des raisonnements pour convaincre ou persuader un public.

La dispositio est le plan qui comprend l’exorde (introduction), la narration (rappel des faits), la confirmation (justification des preuves) et la péroraison (conclusion).

L’elocutio est la phase de transformation des arguments en phrases pour frapper le public. Elle comporte l’electio (art de choisir les mots) et la compositio (art d’arranger les mots en phrases)

La memoria permet à l’orateur de s’adapter aux réactions du public et à la situation.

L’actio est la mise en scène par la voix, les gestes, les expressions et les jeux du regard.

4-      De grandes figures de l’Antiquité

Gorgias et Protagoras sont des sophistes célèbres du Ve siècle. L’auteur latin, Cicéron, nous a laissé un grand nombre de discours importants. Il a aussi rédigé des traités de rhétorique qui faisaient autorité.

VII)          La question de l’homme aux XVIe et XVIIe siècles

1-      La Renaissance : foi et doutes en l’homme

Les humanistes de la Renaissance rejettent les valeurs du Moyen-Age et placent l’homme au centre de leur réflexion. Ils retiennent l’idée antique d’une harmonie nécessaire entre corps et esprit. Ils croient en une nature humaine universelle ainsi que la diversité des humains.

Les atrocités des guerres de Religion et de la colonisation introduisent un doute sur l’homme et sur la « misère de notre condition ».

2-      Le XVIIe siècle : deux visions contrastées de l’homme

Il y a deux conceptions religieuses de l’homme et du monde s’opposent. Pour les jésuites, l’homme peut exercer sa liberté, son libre-arbitre sur terre pour gagner son salut. Pour les jansénistes, Dieu a déterminé de toute éternité qui sera sauvé ou damné : l’homme lui est soumis.

La vision baroque est une vision du monde instable dans lequel l’homme est maitre de son destin. Les libertins revendiquent la liberté de penser par eux-mêmes, contestent l’organisation et conçoivent un monde sans Dieu.

La réaction assez pessimiste des classiques appuie sa réflexion sur la notion de nature humaine permanente et universelle. Il dépend de la volonté de Dieu. Il est aussi victime des passions qui le trompent mais peut atteindre à une certaine grandeur. Le modèle social idéal est l’honnête homme qui fuit les attitudes extrêmes et soumet tout à sa raison.

Le mouvement, la complexité, l’imbrication du baroque s’opposent à la fixité et à la rigueur géométrique du classicisme.

VIII)       La question de l’homme au XVIIIe siècle

1-      Conscience de la relativité des mœurs et des valeurs

Les Lumières désigne un mouvement européen, il s’agit des lumières de la raison que l’homme doit exercer librement pour accéder à l’indépendance intellectuelle et morale. Les hommes des Lumières prennent conscience de la diversité de l’homme selon les lieux et les temps et de la relativité des mœurs, des lois, de la morale, de la littérature.

2-      Le philosophe éclairé, homme citoyen contestataire

L’homme idéal des Lumières est le philosophe, homme social, qui par son usage de la raison remet tout en cause. Il veut vulgariser les connaissances humaines et les débats philosophiques. Il veut construire un monde meilleur fondé sur la tolérance, la paix, le recul de l’ignorance, la liberté de penser, le pluralisme religieux, le progrès scientifique. Son but est que l’homme connaisse sur terre le bonheur et le bien-être matériel.

IX)             La question de l’homme aux XIXe et XXe siècles

1-      Le XIXe siècle : l’individu et ses passions

Le romantisme (1820-1850) : il refuse l’optimisme et la prédominance de la raison. L’homme est n être d’émotion qui fuit dans le rêve une société qui ne le comprend pas. Il privilégie l’imagination, la sensibilité, l’individu et la communion avec la nature.

Le réalisme et le naturalisme (1848-1890) : il apparait en réaction contre l’idéalisme romantique car la révolution industrielle change le regard sur l’homme. L’homme est décrit comme le produit de son hérédité et de son environnement socioculturel. La littérature veut soit reproduire fidèlement la réalité dans sa dimension quotidienne (réalisme) soit analyser les êtres humains et la société en appliquant les méthodes des sciences expérimentales (naturalisme).

Le symbolisme (1885-1900) : ils refusent d’expliquer le monde par la science. Pour Verlaine, Rimbaud et Mallarmé, le monde apparent masque des réalités mystérieuses, invisibles. Les symbolistes s’attachent à les décrypter et à exprimer les profondeurs cachées de l’être humain, la réalité spirituelle.

2-      Le XXe siècle : déshumanisation, nouvel humanisme

Le traumatisme des deux guerres mondiales, la disparition des repères religieux et des valeurs ont dégradé la notion d’homme et entraine la conscience de l’absurdité et de l’impossibilité de communiquer.

Les progrès technologiques et scientifiques ont nourri une foi en l’homme mais aussi une angoisse ace à l’exploitation immorale et inconsciente éventuelle des découvertes modernes. Les écrivains incitent à dépasser ce sentiment de l’absurde, à donner un sens à l’existence par l’engagement politique et un humanisme moderne fondé sur la résistance et la solidarité.

La photographie et le cinéma dénoncent et se mettent au service de l’argumentation.

éditions Hatier année 2011

One thought on “Introduction Dissertation Sur Largumentation Indirecter

Leave a comment

L'indirizzo email non verrà pubblicato. I campi obbligatori sono contrassegnati *